Début août 2026, Le Figaro a consacré un article de une au coût réel de l’éolien pour les consommateurs et les contribuables1. Le sujet a également été repris dans les médias début août. Voici les chiffres — et ils ne viennent pas de ces reprises médiatiques, mais directement des deux institutions qui les produisent et les contrôlent : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et la Cour des comptes.
L’essentiel
- Le soutien public à l’éolien terrestre coûte 901,5 millions d’euros en 2025, et atteindra 1,4 milliard en 2027.
- Ce n’est pas la facture d’électricité qui paie cette différence, mais le budget de l’État — donc l’impôt.
- La Cour des comptes chiffre des sur-rémunérations en solaire et biométhane — côté éolien terrestre, les prix collent au prix plafond, sans données pour dire s’il y a sur-rémunération.
- Notre commune produit déjà 216,8 % de sa consommation électrique, sans éolienne — elle doit pourtant accueillir quatre machines de 220 mètres.
Ce que ça coûte
La CRE chiffre chaque année le soutien public à l’éolien terrestre, dans sa Délibération n° 2026-149 du 15 juillet 20262. Voici ses trois derniers chiffres : 901,5 millions d’euros en 2025, 1 157,1 millions en 2026, 1 404,6 millions prévus pour 2027.
Ce soutien passe par un prix d’achat supérieur au marché. En 2025, l’électricité éolienne terrestre achetée sous obligation d’achat a coûté en moyenne 97,3 €/MWh, contre 61 €/MWh pour le prix de gros de l’électricité la même année : environ 1,6 fois le prix du marché. Et l’écart se creuse : la CRE prévoit 98,2 €/MWh en 2026 puis 99,1 €/MWh en 2027, quand la valeur de marché de référence qu’elle retient recule, sur les mêmes années, de 48,2 à 42,7 €/MWh. C’est cet écart-là — pas 99,1 moins 61 — que l’État verse aux exploitants, et c’est lui qui porte la facture à 1,4 milliard d’euros prévus pour 2027.
Qui paie
Ce n’est pas la facture d’électricité. Depuis 2021, le soutien à l’éolien terrestre est payé entièrement par le budget de l’État. La Cour des comptes l’écrit sans détour, pour la France métropolitaine continentale : « le financement du soutien aux énergies renouvelables […] passe intégralement par des dépenses du budget de l’État »3. C’est l’impôt, pas le kilowattheure facturé, qui finance ce dispositif.
Pour l’ensemble des énergies renouvelables — pas seulement l’éolien terrestre —, la Cour chiffre le coût total à 26,3 milliards d’euros entre 2016 et 2024, et les engagements de l’État pour la suite à 87 milliards fin 2024. Elle relève aussi que plusieurs appels d’offres publics ont souffert d’une concurrence insuffisante, ce qui pousse les prix à la hausse.
Une précision importante : les surcoûts que la Cour des comptes chiffre avec précision concernent les guichets ouverts du petit solaire et du biométhane. Elle ne dédouane pas l’éolien terrestre pour autant. Dans le même rapport, elle relève que les prix demandés aux appels d’offres portant sur l’éolien terrestre se concentrent au voisinage du prix plafond, et que ni la CRE ni la DGEC ne disposent de données consolidées permettant de dire s’il y a sur-rémunération4. Son rapport d’octobre 2023 sur les soutiens à l’éolien va plus loin : il calculait que les paramètres tarifaires validés en 2017 pouvaient, avec un financement à 75 % par emprunt, porter la rentabilité des actionnaires entre 9,3 % et 20,1 % — et il constatait qu’aucun contrôle des comptes des parcs éoliens aidés n’était intervenu sur toute la période examinée5. Les chiffres ci-dessus ne décrivent donc pas un abus ponctuel : ils décrivent une dépense publique assumée par l’État, dont le montant augmente chaque année — sans qu’aucun contrôle n’ait jamais vérifié si son niveau était justifié.
Chez nous, à Nesle-et-Massoult
Notre commune a produit, en 2024, l’équivalent de 216,8 % de sa consommation électrique — entièrement grâce au photovoltaïque, sans une seule éolienne industrielle6. Elle doit pourtant accueillir quatre éoliennes de 220 mètres, à environ un kilomètre du village7.
Ce n’est pas, pour notre association, une question de rejet de la transition énergétique. C’est une question de méthode et de répartition : une politique financée par tous les contribuables s’impose ici à un village qui affiche déjà, sur le papier, un excédent de production.
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- Le Figaro, article de une consacré au coût de l’éolien pour les consommateurs et les contribuables, début août 2026. ↩︎
- CRE, Délibération n° 2026-149 du 15 juillet 2026 relative à l’évaluation des charges de service public de l’énergie, Tableaux 5 à 7 et Annexe 1, Tableau 4 : cre.fr. ↩︎
- Cour des comptes, Le soutien aux énergies renouvelables, rapport publié le 18 mars 2026. ↩︎
- Cour des comptes, Le soutien aux énergies renouvelables à travers les charges de service public de l’énergie, rapport public thématique, mars 2026, p. 26 et p. 36. ↩︎
- Cour des comptes, Les soutiens à l’éolien terrestre et maritime, observations définitives S2023-0909, 17 octobre 2023, p. 9 et p. 66. ↩︎
- Enedis / Agence ORE, données de production et consommation annuelles par commune, 2024. ↩︎
- ABO Energy, Bulletin d’information n° 3, juin 2025, p. 2 : « un éloignement de minimum 1 kilomètre aux habitations sera appliqué dans le choix de l’implantation » : aboenergy.com. ↩︎