On nous parle de 4 éoliennes ici, de 10 là-bas. Chaque projet est présenté isolément, comme s’il existait seul au monde. Mais personne ne regarde la carte dans son ensemble. Nous, si.
Ce qu’on ne vous dit pas
Autour de Nesle-et-Massoult, ce ne sont pas 4 éoliennes qui se préparent. En comptant le parc de Laignes — 8 éoliennes en construction (10 initialement prévues, réduites à 8) de 200 mètres — et le projet Abo Energy sur notre commune — 4 machines de 220 mètres — on arrive à un minimum de 14 éoliennes industrielles. Sans compter les projets de Savoisy et Verdonnet, dont les chiffres exacts restent flous.
30 éoliennes. À moins d’un kilomètre de nos maisons. Et aucune étude ne mesure l’effet combiné de tout cela sur notre vie quotidienne.
500 mètres : la France, lanterne rouge de l’Europe
En France, la distance minimale entre une éolienne et une habitation est de 500 mètres. Cette règle, fixée en 2010 par la loi Grenelle II, date d’une époque où les machines faisaient 80 mètres de haut. Aujourd’hui, elles atteignent 220 mètres — presque trois fois plus — mais la règle n’a jamais été révisée.
Comparons avec nos voisins :
- Danemark et Pays-Bas : 4 fois la hauteur de l’éolienne — soit 880 m pour une machine de 220 m
- Allemagne (Bavière) : 10 fois la hauteur — soit 2 200 m
- Pologne : 10 fois la hauteur depuis 2016
- France : 500 m. Point.
La France est le pays développé qui autorise les éoliennes au plus près des habitations, quelle que soit leur taille. (Sources : CEREME, étude comparative, nov. 2022 ; Vent de Colère)
Votre maison perd de sa valeur
Une étude de l’institut allemand RWI, basée sur l’analyse de près de 3 millions d’annonces immobilières, conclut qu’une maison perd en moyenne 7 % de sa valeur lorsqu’une éolienne s’installe à moins d’un kilomètre. Pour les maisons anciennes en zone rurale — exactement notre cas — la chute atteint jusqu’à 23 %.
(Source : Clean Energy Wire / RWI Leibniz-Institut)
Milan royal, chauves-souris : un massacre silencieux
Le milan royal est l’une des espèces les plus menacées par les éoliennes. En Bourgogne-Franche-Comté — notre région — la LPO a recensé 12 milans royaux tués par des éoliennes entre 2019 et 2021, principalement en Côte-d’Or et dans l’Yonne. À l’échelle européenne, plus de 600 cas de mortalité ont été documentés. Notre région abrite entre 16 et 23 % de la population française de cette espèce protégée — c’est dire l’enjeu.
La LPO a analysé 1 065 éoliennes sur 142 parcs français : la mortalité réelle est estimée entre 0,3 et 18,3 oiseaux par éolienne et par an. Elle est deux fois plus élevée pour les parcs situés à moins de 1 000 m de zones Natura 2000. Les rapaces représentent 23 % des cadavres retrouvés.
Les chauves-souris paient un tribut encore plus lourd. En Loire-Atlantique, environ 5 000 chiroptères ont été tués en 10 ans par les parcs éoliens d’un seul département. La Noctule commune — espèce classée vulnérable — pourrait disparaître à court terme.
(Sources : France Bleu / LPO BFC, août 2021 ; LPO France, impact biodiversité ; SFEPM, synthèse mortalité chiroptères 2003-2023)
La justice commence à dire stop
Les tribunaux français commencent à reconnaître ce que les habitants dénoncent depuis des années. Le tribunal administratif d’Amiens a annulé l’autorisation d’un parc éolien de 8 machines à Airaines en raison de l’effet d’encerclement des villages environnants. Dans le secteur concerné : 23 parcs existants et 11 autorisés, soit 240 éoliennes dans un rayon de 20 km.
Le Conseil d’État a précisé en 2023 que le juge doit désormais évaluer les « angles d’occupation » et les « angles de respiration » — c’est-à-dire le plus grand angle continu sans éolienne visible depuis les lieux de vie.
À Nesle-et-Massoult, avec 30 éoliennes au minimum dans un périmètre immédiat, ces seuils seront largement dépassés.
(Sources : Banque des Territoires, jurisprudence saturation ; Banque des Territoires, Conseil d’État 2023)
Aux portes d’un Parc national
Rappelons que notre territoire jouxte le Parc national de forêts, créé en 2019, le onzième parc national français et le premier dédié à la protection des forêts de feuillus. Un espace de 241 000 hectares entre Côte-d’Or et Haute-Marne. Implanter une ceinture industrielle à ses portes est une aberration écologique.
(Source : Parc national de forêts)
Ce que nous demandons
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ce n’est pas un combat contre la transition énergétique — c’est un refus de l’aveuglement. Nous exigeons une étude d’impact cumulé indépendante, qui prenne en compte l’ensemble des projets, leurs effets combinés sur la santé, la biodiversité, le patrimoine et l’économie locale.
Tant que cette étude n’existe pas, aucun nouveau projet ne devrait être autorisé.
Signez la pétition. Faites entendre votre voix.